Représentant le nord béarn sur la liste "Forces Aquitaine", Bruno RISKWAIT est "l'invité" de l'Eclair, ce samedi 27 février. Un beau portrait brossé par la plume de Renée Mourgues précède ses réponses aux questions de la journaliste.
Ce qu’il en pense …
Les élections régionales : « Je ne suis pas du tout quelqu’un de politique. Je n’ai jamais été encarté et ne le suis toujours pas. L’approche de Jean-Jacques Lasserre m’a séduit. C’est un homme plein d’humanisme, d’une simplicité exemplaire. Un être d’exception. J’aime la façon dont il a construit cette liste, dans la diversité et l’ouverture. Il m’a demandé d’en faire partie au mois de janvier. Je n’ai pas hésité longtemps avant de dire oui. Je trouve bien que des sportifs de renommée s’engagent car le sport relève de ce qu’il faut défendre dans la région. « Forces Aquitaine » a des projets réalistes, concrets. Ce qui a pesé aussi pour moi, c’est que Jean-Jacques Lasserre est un acteur principal de la réalisation de l’échangeur à Garlin, qui désenclave le canton. Le personnage a tout à fait sa place en tête de liste. »
La campagne électorale : « Je m’y investis dès que je peux, avec mes moyens. Je participe aux réunions. Les gens sont agréablement surpris. Ils m’encouragent. J’ai un bon retour. Il règne une bonne ambiance dans l’équipe. C’est comme une famille. On a l’impression de se connaître depuis longtemps. Ce sont des gens d’horizons différents qui se respectent. J’aurais regretté de ne pas vivre ça. »
L’isolement de François Bayrou : « Je prends ça avec détachement et d’ailleurs, je considère qu’il est plus indépendant qu’isolé. Il s’est battu pour arriver là où il est. Sa place, il ne la doit qu’à lui-même. C’est le meneur du MoDem et les médias le traquent tout le temps. »
Le racisme en France : « J’ai vécu de tout en vingt ans. J’arrive à prendre du recul sur beaucoup de choses. Je suis un passionné de photo et ça m’a appris à cerner les gens. Rien qu’en regardant les visages, j’arrive à déterminer les caractères. Je vois à qui j’ai affaire. Le sport aussi m’a beaucoup aidé à surmonter les insultes, les manifestations d’hostilité. Je m’en suis toujours nourri. Ca me survolte. Ca me booste pour faire encore mieux. Dans la vie, c’est pareil. Je fonctionne comme sur un terrain. »
L’éviction des socialistes « fréchistes » : « Ca prend trop d’ampleur, l’exploitation de ces petites phrases en pleine campagne électorale. Je suis complètement éloigné de cette façon de faire de la politique. Ce n’est pas comme ça qu’on va attirer les électeurs aux urnes ».
L’intégration des quartiers sensibles : « C’est un sujet assez délicat. Je pense qu’on a laissé les choses partir à la dérive. Il ne faut pas faire n’importe quoi : surtout pas de laxisme ni d’intransigeance excessive. A l’échelle de la Région, ça passe par des structures pour les jeunes, l’animation et le sport qui est un vecteur pour l’avenir. Si la liste de Jean-Jacques Lasserre est élue, je m’axerai sur le côté culturel et sportif, je défends le projet de Jeux Olympiques d’hiver à Pau et Jaca en 2022. Ce serait porteur pour le territoire ».
Le sentiment identitaire : Je me sens profondément Français et profondément Martiniquais. A vrai dire, je ne fais pas de distinction entre les deux. Je ne me suis même jamais posé la question jusqu’à ce débat sur l’identité nationale. ».
Le portrait par René MOURGUES :
Handballeur d’élite, Bruno Riskwait se lance aujourd’hui dans l’action publique avec la même puissance de conviction que celle qui le propulsait sur les terrains de sports, servi par une belle stature (1,92m), sa nature de lutteur et une saine mentalité. Le Martiniquais mène campagne au côté de Jean-Jacques Lasserre, chef de file de « Forces Aquitaine », liste des Pyrénées-Atlantiques soutenue par François BAYROU, Président du MoDem.
A Fort-de-France, Bruno Riskwait s’épanouit dans un foyer modeste et méritant. « Ma mère était couturière et mon père travaillait dans une agence de sécurité. Je suis resté fidèle aux valeurs de tolérance, de respect de soi et d’autrui inculquées par mes parents. Quelles que soient les choses qu’on fait dans la vie, on doit pouvoir se regarder dans le miroir » soutient-il.
Enfant, il renonce vite au basket pour le handball pratiqué dans le sillage de sa sœur aînée. Recrue de « l’Espoir de Floréal », il découvre l’ivresse des victoires avec plusieurs sacres de champion de la Martinique et des Antilles-Guyane. Il joua même contre le Réunionnais Jackson Rchardson, futur capitaine de l’équipe de France.
A la faveur d’un tournoi triangulaire de nationale 2, en 1990 à Villejuif, l’ascenseur social se met en marche. Repéré par un chasseur de jeunes talents, il reçoit, plus tard, un appel de l’entraîneur de Carcassonne qui souhaite l’enrôler. « J’ai hésité parce que je voulais étudier. Il a insisté. Finalement, j’ai atterri à Toulouse le 5 Août 1990, à 22ans, sans connaître personne mais j’ai une grande faculté d’adaptation. J’ai trouvé une très belle équipe au statut semi-professionnel qui obtenait de bons résultats ».
L’aventure audoise durera quatre ans. Arrière-droit gaucher particulièrement convoité, Bruno Riskwait rêvait d’un club qui lui offrirait aussi un emploi en CDI. De trois propositions, il retient celle du Billère Handball en plein essor. Avec lui, il vit l’inauguration du sporting d’Este, le titre de champion de France de Nationale 1 (« j’avais livré un suer-match »), la grisante montée en deuxième division (1999) et de mirifiques saisons. En 2003, une grave blessure interrompt sa carrière Marié à Françoise, une Garlinoise, il fonde en 2006 le Garlin Handball, champion départemental 2009.
Président, entraîneur, joueur, Bruno Riskwait se flatte de ce club à « l’âme pure » et de son école ouverte au 6-9 ans. Loin de l’île natale, Bruno Riskwait offre un magistral exemple de totale immersion en métropole et en milieu rural.









